On retrouve la trace de la famille au XVIème siècle, à Breuvannes, une ville de Lorraine où les maîtres-saintiers (fondeurs de cloches) itinérants se retrouvaient traditionnellement pour passer l’hiver après une saison consacrée à la coulée et la réparation des cloches. A l’image de Jean-Baptiste-Amédée Bollée (1812-1912) et Ernest-Sylvain Bollée (1814-1891), qui avaient choisi chacun d’épouser la vocation de leur grand-père. Jean-Baptiste-Amédée passa l’hiver 1838-39 dans le village de Oucques (Loiret), puis déménagea à Saint-Jean-de-Braye, un village de la banlieue d’Orléans.

Quant à Ernest-Sylvain Bollée, il s’installa provisoirement à La Flèche en 1839, avec le projet de partir à Angers, mais les inondations du Loir l’obligèrent à déménager à Sainte-Croix, à environ trois kilomètres du centre du Mans. Bollée construisit ensuite un petit four, rue Saint Hélène, qui fut allumé pour la première fois en novembre 1842.

La fabrication des cloches continua à Saint-Jean-de-Braye, où Jean-Baptiste-Amédée fut remplacé par son fils Georges (1849-1930), son petit-fils Louis (1878-1954), son arrière-petit-fils Jean (1908-2009), et le propriétaire actuel, son arrière arrière-petit-fils Dominique.

Joseph Bollée

Joseph Bollée né vers 1669, laboureur épouse en 1704 à Breuvannes en Bassigny Edmée ADAM fille d’un fondeur.

né vers 1669

Jean Baptiste Bollée

Jean Baptiste Bollée né vers 1717 (fils de Joseph Bollée et Edmée Adam) épouse en 1739 à Breuvannes en Bassigny Marguerite Salvas. Il sera fondeur.

né vers 1717

Alexis Nicolas Bollée

Alexis Nicolas Bollée né en 1744 (fils de Jean Baptiste Bollée et Marguerite Salvas) épouse en 1778 à Breuvannes en Bassigny, Anne Brocard. Il sera maître chirurgien à Breuvannes.

né en 1744

Jean Baptiste Bollée

Jean Baptiste Bollée né en 1781 (fils d’Alexis Nicolas Bollée et Anne Brocard) épouse Marguerite Eléonore Mutel, descendante d’une famille de fondeurs du Bassigny. Il sera officier de santé à Clefmont.

né en 1781

Jean Baptiste Amédée

Jean Baptiste Amédée naît en 1812 (fils de Jean Baptiste Bollée et Marguerite Eléonore), et meurt centenaire en 1912. Ayant perdu son père alors qu’il avait à peine huit ans, Jean Baptiste Amédée va épouser la profession de ses oncles et aïeux, celle de saintier, et après avoir longtemps cheminé il s’installera comme fondeur sédentaire dans la région d’Orléans. La fabrication de cloches continua à Saint-Jean-de-Braye.

né en 1812

Ernest Sylvain Bollée

Fils de Jean Baptiste Bollée et Marguerite Eléonore Mutel, frère de Jean Baptiste Amédée. Issu d’une famille de fondeurs de cloches depuis 1715. Fondeur de cloches lui-même, il créa trois entreprises, qu’il céda à ces trois fils Amédée, Ernest et Auguste. Ernest Sylvain Bollée est né en 1814. Après le décès de son père en 1820, il fait un apprentissage de fondeur de cloches. Ensuite, il se fixe au Mans et fonde son entreprise. Là, il coule les cloches pour les plus grands carillons du monde (Chalons-sur-Marne ; la cathédrale de Buffalo aux États-Unis). Son entreprise élargie alors son domaine de fonderie à la fabrication de robinets, de canalisations et de pompes. Ses trois fils, Amédée, Ernest-Sylvain et Auguste travaillent avec lui dans l’entreprise familiale.
En parallèle, il étudie le fonctionnement du bélier hydraulique découvert par Joseph de Montgolfier en 1792 mais dont la maîtrise n’avait jamais aboutit. Il développe le premier bélier opérationnel en 1865 et trois ans plus tard, il prend un brevet pour son éolienne. Il ajoute donc une nouvelle ligne de production à son entreprise. Celle-ci possède désormais trois branches d’activités : la fonderie des cloches, le bélier hydraulique et l’éolienne.
A sa mort en 1891, Auguste hérita de la branche éolienne, Amédée continua à se passionner pour la branche automobile et Ernest hérita du bélier hydraulique. Auguste poursuivit la fabrication de l’éolienne jusqu’en 1898, date à laquelle il vendit le brevet à l’entreprise E. Lébert.

1814-1891

Amédée Bollée père

Fils de Ernest Sylvain Bollée et né le 11 janvier 1844 à Sainte-Croix dans la Sarthe - décédé le 20 janvier 1917 à Paris) était un fondeur de cloches, et fut un inventeur français, spécialisé dans le domaine de l’automobile, il est considéré comme le premier constructeur à avoir commercialisé des automobiles. Un de ses fils portait le même prénom que lui, et un autre, celui de Léon ; tout deux furent également des constructeurs d’automobiles.
Amédée seconde très tôt son père et s’intéresse à la locomotion à la faveur de sa visite à l’Expo universelle de Paris en 1867 (vélocipède de Michaux) puis de son séjour chez l’industriel nantais Lotz (constructeur d’engins routiers à vapeur). En 1873 il met au point l’Obéissante, diligence à vapeur... qu’il perfectionne sous sa deuxième version : La Mancelle. Toutes deux sont visibles à l’Exposition universelle de 1878 à Paris. La Mancelle trouve son constructeur à Berlin (Société Wöhlert) qui commence une production en série en 1880 mobilisant 500 ouvriers ! Des voyages de propagande sont entrepris jusqu’à Saint-Pétersbourg et dans le nord de l’Italie pour y générer des débouchés. Au final, l’entreprise est un échec commercial (provoquant la faillite de la Wöhlert).

1844-1917

Ernest Jules Bollée

Ernest s’occupa des béliers hydrauliques dans de nouveaux locaux sis rue des vignes. On ne sait pas avec exactitude combien de béliers hydrauliques de tupe Bollée furent construits, mais la production fut sans aucun doute substantielle puisque Ernest affirmait avoir fabriqué quelque 1800 béliers à l’été 1914.

1846-1922

Auguste Sylvain Bollée

Fils d’Ernest Sylvain Bollée. Auguste prit le contrôle de fabrique d’éoliennes de son père. Après en avoir vendu plus de 200, il céda son affaire en 1898 et se retira dans un appartement à Paris pour peindre.

1847-1906

Georges Bollée

Fils de Jean Baptiste Amédée Bollée.

1849-1930

Amédée Bollée Fils

Amédée fils met au point le premier moteur à explosion Bollée en 1889. C’est lui qui dirige pour Amédée père l’atelier de construction automobile. Durant les années 1890 Amédée fils se lance dans la compétition automobile, y compris comme pilote (Paris-Bordeaux ou Paris-Marseille-Paris). Allié à la firme du baron de Dietrich, Amédée Bollée fils se lance dans des courses longues : Paris-Amsterdam, Paris-St-Pétersbourg et retour. En 1899, il produit un moteur par jour au Mans (dans l’usine du 99 avenue de Paris) pour De Dietrich. Il agrandit l’usine mancelle.

1867-1926

Léon Bollée

Destiné à la fonderie familiale, Léon se sent lui aussi une âme d’inventeur et se passionne pour le sport cycliste. Il invente aussi la fameuse machine à calculer (exposée au musée) qui lui vaut une médaille d’or à l’Expo universelle de Paris et suscite l’intérêt du géant américain Edison. Il participe à la première grande course automobile avec Amédée père et fils en 1895 (Paris-Bordeaux-Paris). Il se lance alors à son tour dans la construction automobile (affectant à cette production l’usine de fonderie) et produit le tricycle nommé « voiturette », exposé à l’Expo de Paris de 1898. C’est un réel succès commercial : 600 exemplaires, des brevets vendus à des industriels anglais et parisiens... Sans compter les exploits sportifs : Paris-Dieppe et Paris-Trouville, deux grandes courses de 1897, ainsi que le record mondial de vitesse sur route en 1898 (parcours Etampes-Chartres et retour).
En 1887, le jeune Léon a commencé à travailler sur trois machines à calculer : le multiplicateur direct, l’Arithmographe et le Conseil de calcul. Le multiplicateur direct, qui a remporté une médaille d’or à l’Exposition de Paris en 1889, était un dispositif de calcul remarquable et très avancé, un véritable chef-d’œuvre de l’ingénierie. Le plus célèbre inventeur américain Thomas Alva Edison avait proposé d’embaucher Bollée aux Etats-Unis, mais ce dernier a décliné son offre. Léon Bollée a été le premier en France à construire de petits véhicules alimentés essence en 1895. En 1896, il a introduit un véhicule à trois roues, dite Voiturette avec une vitesse de pointe de près de 100 km/h. Suite à son succès dans les courses automobiles, il a fondé son entreprise au Mans, les Automobiles Bollée.
Léon Bollée était également intéressé par l’aviation et l’aéronautique, il a d’ailleurs été blessé dans un accident d’avion et n’a jamais récupéré. Il décède alors d’une crise cardiaque en 1913, âgé seulement de 43 ans.

1870-1913

Louis Bollée

Fils de Georges Bollée.

1879-1954

Pierre Bollée

Fils de Amédée Bollée fils et frère de Marcel Bollée. Cofondateur des segments Amédée Bollée, qu’il dirigea par la suite, et de la Mancelle de Fonderie.

1894-1980

Marcel Bollée

Fils de Amédée Bollée fils. Cofondateur des Segments Amédée Bollée et de la Mancelle de Fonderie

1896-1985

Jean Bollée

Fils de Louis Bollée.

1908-2009

Gérard Bollée

Fils de Pierre Bollée. Co-directeur général de la Mancelle jusque dans les années 1980

né en 1927

François Bollée

Fils de Pierre Bollée. Entre à la Mancelle en 1960. Directeur technique en 1966 et co-directeur général en 1970. Quitte la Mancelle en 1983.

né en 1931

Dominique Bollée

Fis de Jean Bollée. Perpétue le métier de fondeur de cloches à la fonderie Bollée.

En 2011 Dominique Bollée se rapproche des Artisans Techniciens Campanaires présents sur tout le territoire français pour fonder la SAS Bollée, fonderie de cloches et de carillons, dans le but de pérenniser l’entreprise fondée par ses aïeux. Les Artisans Techniciens Campanaires, sous la présidence de Philippe Brouillet, œuvrent pour la conservation et le développement du patrimoine campanaire régional, tout en tenant compte des spécificités locales. Alexandre GOUGEON assure la direction commerciale de la SAS BOLLEE, André VOEGELE, fondeur gère la fabrication et la direction technique de l’entreprise.

Les membres ATC (Artisans Techniciens Campanaires), dont les entreprises se transmettent sur plusieurs générations, garantissent un Savoir-Faire ancestral dans le respect des traditions locales et spécifiques à chaque région.
Proches de leurs clients, ces artisans assurent l’entretien et le service après-vente de toutes les installations.

L’artisan campanaire maîtrise plusieurs corps de métier, à savoir l’horlogerie monumentale, la charpente, la serrurerie, la mécanique, l’électricité, l’électronique et la fonderie de cloche. Ces compétences techniques s’accompagnent de connaissances artistique et musicale des cloches

né en 1939